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             Un joli cadre pour M. de Voltaire : La Rivière Bourdet


 A Quevillon, dans un site charmant, limité par le fleuve et la forêt de Roumare, s'élève une des plus jolies résidences que le XVII siècle ait légué à la Normandie.

L'aspect que présente le château de la Rivière Bourdet lorsqu'on le voit de la route qui précède la grille monumentale a, tout ensemble, quelque chose de grave et de séduisant. La sévérité des anciens magistrats qui l'élevèrent y demeure sensible mais la nature l'enveloppe de ses caresses les plus subtiles. Au-delà d'une vaste pelouse, son architecture toute blanche en pierre de Caumont se drape d'un manteau de frondaison qui la met pleinement en valeur. Dans ce petit palais, il semble que quelque Princesse au Bois Dormant va s'éveiller tout à l'heure de sa somnolence séculaire pour accueillir, mouches à la joue et la fleur du sourire aux lèvres, de mystérieux invités. Dans les allées silencieuses nous allons voir passer, au pas de chevaux splendides, de pesants carrosses dorés et armoriés.
Les trois marches du perron, pour n'être pas de marbre rose, vont être foulées par les larges bottes à l'écuyère des gentilshommes, par les souliers bien cirés des magistrats en perruques, par les escarpins menus de jolies femmes racées comme des oiseaux de volière. Musset aurait ainsi repeuplé ses lieux aujourd'hui déserts :


« Que de grands seigneurs, de laquais,
Que de duchesses, de caillettes,
De talons rouges, de paillettes,
Que de soupires et de caquets,
Que de plumets et de calottes,
De falbalas et de culottes,
Que de poudres sous ces berceaux,
Que de gens sans compter les sots ! »

 

Voire même sans y compter Voltaire qui était tout l'opposé d'un sot et dont nous verrons bientôt se profiler la maigre silhouette dans ce décor d'enchantement .

Si nous en croyons le vieil historien Tarin, le fief de la Rivière Bourdet portait le nom d'une famille qui le possédait au XIII siècle et dont un des membres aurait été tué en 1283 sur le pont Mathilde. Nous nous demandons cependant si le bon prieur de Notre Dame du Val n'a pas commis ici une erreur et s'il n'a pas attribué à un Bourdet la fin tragique du maire de Rouen Nicolas Naguet, qui, à la chandeleur de 1281 fut assailli et vilainement occis sur ce même pont à moins qu'il n'ait été fréquent à cette époque que les Rouennais mécontents aient tendu en cet endroit des embûches à leurs adversaires. Il leur était si facile, ensuite, de précipiter par-dessus le parapet les cadavres de leurs ennemis voire ceux de leurs mules qui les avaient portés. La vieille Seine a vu se dérouler tant de drames sur ses rives depuis deux millénaires.

Quoiqu'il en fût, l'église de Quevillon gardait la sépulture d'Etienne Bourdet. Ce seigneur avait été inhumé dans le Cœur où l'on voyait encore au XVII siècle son effigie revêtue d'une cotte d'armes. Un léopard était allongé sous les pieds du défunt que l'inscription funéraire qualifiait de chevalier.

A la mort d'Etienne Bourdet – ou peu après – le domaine était probablement tombé en quenouille. En 1347 en effet il était possédé par la veuve de Gilles de Blainville de la Maison de Mauquenchy, dont le neveu Monton de Blainville, Maréchal de France, devait demeurer célèbre. Madame de Blainville devait appartenir à la famille Bourdet car, après elle, le fief passa aux mains de Jeanne de Bourdet, femme de Jean IV Sire d'Yvetot.

La Rivière Bourdet devait demeurer longtemps dans la famille de ce dernier, puis dans celle de Vaussemer à laquelle l'avait transmise Marie d'Yvetot. La bourgeoisie s 'enrichissait alors tandis que déclinait l'opulence des familles nobles. Le 21 octobre 1525, Jacqueline de Vaussemer vendit le domaine à un riche négociant en sel, Jean Durant. Le destin du fief était fixé pour deux siècles.

Et pourtant les Durant s'effacèrent assez vite. Mais lors du décès de Guillaume, fils de Jean (1570), la Rivière Bourdet échut à ses deux neveux : Charles Maignart de Bernières et François de Pardieu. Le domaine demeura dans l'indivision jusqu'en 1601. A cette date Charles Maignart désintéressa son cousin et demeura seul propriétaire d'une terre à laquelle ses descendants allaient donner une véritable illustration.

On en est séduit à ignorer ce qu'était alors le logis de la Rivière Bourdet. Tout ce que nous savons, c'est qu'il avait été pillé en 1572 à la saint Barthélémy. A l'époque les Pardieu qui étaient, à l'instar de leurs ascendants maternels les Durant, des huguenots déterminés, avaient donné asile dans leur logis au ministre René Loiseleur dit de Villiers, à sa femme et à ses enfants. Des arquebusiers Rouennais, commandés par un certain Le Vasseur qui, dans la vie courante, exerçait la paisible profession de maître chapelier, eurent vent du fait. Il accoururent à Quevillon pour y faire une sorte de perquisition. Loiseleur leur échappa de justesse. Il ne demeura donc aux hommes de Le Vasseur d'autres vengeances à exercer que de mettre la maison à sac. Ils s'en acquittèrent d'autant mieux, qu'ils connaissaient parfaitement la technique de cet alléchant métier.

En passant aux mains des Maignart de Bernières, la Rivière Bourdet, par une curieuse évolution, allait se transformer d'asile protestant en centre actif de jansénisme.

Si nous en croyons Dubuisson-Aubenay qui entretint avec Charles II Maignart de Bernières des relations d'amitié, cette famille aurait été d'origine anglaise. Cette tradition est peut-être exacte : rien n'est venu cependant en démontrer l'authenticité. Aussi loin qu'on puisse remonter dans le passé ,on trouve les Maignart installés dans la région de Vernon avec laquelle ils gardèrent toujours leurs attaches. Leur plus ancien ancêtre, Richard Maignart, anobli en 1470, avait pris le titre de sieur de la Rayne, fief que certains croient avoir situé à Tourny, mais dont nous n'avons retrouvé aucune trace. Son fils guillaume (décédé en 1524) acheta en 1499 cette terre de Bernières dont le nom devait désormais demeurer inséparable du modeste patronyme ancestral.

L'histoire de cette famille est celle de toutes les lignées qui se haussèrent au rang de la noblesse par les offices de robe. Le chancelier n'a pas été tendre pour Guillaume Maignart, conseiller au parlement et Prince des Palinods. Il le représente comme un magistrat tatillon et borné. Une ode latine assez curieusement composée, à la française, en vers de dix pieds nous a été conservée sous le nom de M. de Bernières, dans le précieux recueil de Vidorce. La mémoire de son auteur ne saurait en tirer le moindre lustre : le poète était donc, chez lui, aussi médiocrement doué que le conseiller. L'homme, par contre, était excellent. Ce fut lui qui le premier, attacha le nom des Bernières d'une réputation de générosité que ses successeurs devraient jalousement entretenir.

Ceux-ci poursuivirent d'ailleurs opiniâtrement l'ascension commencée. Thomas, le fils aîné de Guillaume, (vers 1506 - 2 janvier 1558) fut, croit-on, Général en la cour des Aides. Ce fut son mariage avec Catherine Durand qui assura aux siens la possession de la Rivière Bourdet. Après lui, Jean Maignart (23 novembre 1535-1582) devint président de la cour des Aides. Mais bientôt cette juridiction de finances ne suffit plus aux ambitions de la famille. Charles Ier (30 novembre 1562 - 1621) l'abandonna pour passer au Parlement de Normandie dont il devint président en 1600. L'année suivante, il acquérait des Pardieu leur part de droits in devis sur leur domaine. A sa mort, son fils Charles II (25 mai 1593 - 10 mars 1632) lui succéda à la présidence et dans ses fiefs. Le poète Hercule Grisel qu'il avait protégé et qui lui était fort attaché nous a laissé une description très détaillée, en vers latins, du cortège qui accompagna sa dépouille au couvent des Capucins de Rouen où il avait demandé à être inhumé. Dans la sorte de déploration funèbre qu'il lui a consacré, Grisel loue la générosité de son coeur, l'amitié de son caractère et la finesse de son esprit. De fait ce jeune magistrat - la mort le frappa dès l'âge de trente huit ans- semble avoir aimé les Lettres et avoir été un homme de goût. Un habile homme aussi puisqu'il parvint, disait son épitaphe à accroître de la façon la plus honnête la fortune familiale. Ce fut lui qui éleva le château de la Rivière Bourdet.

D'aucuns ont pensé que ce bel édifice avait été construit vers 1668 sur l'emplacement de l'ancien manoir qui datait peut-être du XIIIème ou XIVème siècle. C'est une erreur manifeste. En 1655 Jacques Gomboust faisait du château des Maignart le sujet d'un des petits tableaux qui encadrent son plan de Rouen. Dubuisson-Aubenay, dès 1640, avait déjà noté que les portraits de Maignart ornaient les appartements de ce beau logis. Antérieurement encore, en 1635 ou à une date très rapprochée de celle là, Hercule Grisel avait fait, toujours en vers latins, cette description du château, dédiée à Charles III de Bernières et qui demeure encore exacte aujourd'hui:
"A deux lieues de Rouen, je vois surgir le toit de la maison des Maignart. Déjà nous marchons à l'orée monstrueuse de la forêt. Un large chemin s'ouvre devant mes pas qu'une pente douce conduit à une plaine verdoyante à travers laquelle a été ménagé un sentier... De jeunes chênes, futur ombrage de l'avenue, s'alignent de chaque côté et quatre carrosses pourraient marcher de front sur ce chemin que mille pas suffisent à parcourir. A une telle demeure est indispensable un tel accès. Et ce blason, le vois-tu? Il t'enseigne le nom du maître de ce lieu. Franchissons ce seuil vraiment royal, prenons l'allée recourbée, accueillante aux voitures...

A l'entrée se voient deux ailes que le soleil, à son lever comme à son coucher, éclaire également. La façade, avec la crête de plomb et sa toiture est charmante. A l'intérieur, c'est une sorte de musée pictural. On y voit maints portraits, des paysages forestiers, des jeux, des scènes de beuverie. Là, en compagnie de Bacchus, descend du ciel le rire éclatant. J'avance encore: la galerie regorge de tableaux. Je me retire: un pont rustique m'ouvre le chemin du jardin. Le sol, jadis ingrat et mal aplani, y a été nivelé. Tout y est charmant maintenant. Cette maison fut pour le père un lieu de délices; elle l'est encore aujourd'hui pour un fils digne de lui et qui se plait dans le cadre que créa l'initiative paternelle:
Ce témoignage est irrécusable. C'est bien Charles II Maignart de Bernières qui a construit le château de la Rivière Bourdet.

Le style de ce château confirme d'ailleurs les dires de Grisel. C'est un corps de logis précédé de deux ailes en équerre de hauteurs légèrement inégales. Ces ailes sont terminées par des pavillons édifiés en dehors de l'axe afin d'accroître la largeur de la cour d'honneur. Les fenêtres du premier sont sommées de frontons triangulaires. Les oeils de boeuf et certaines fenêtres hautes, engagées sous un décor à lignes courbes rappellent certains détails de la Galerie des Cerfs, à Fontainebleau, de l'Hôtel Sully à Paris (1610) et de nos châteaux normands de Miromesnil, de Cany ou de Beaumesnil. le double fronton brisé qui orne de façon si agréable le centre de la façade est dominé par un petit lanternon à double arcade où semble errer encore un des derniers sourires de la Renaissance. La haute toiture, veuve hélas de sa crête métallique qu'admirait Grisel, est bien dans le goût des contemporains de Louis XIII ainsi que les panneaux de pierre blanche maladroitement agencés d'ailleurs, au moyen desquels on tentait - et l'on y réussissait parfois - à égayer de massives architectures. N'oublions pas non plus le colombier, tout voisin. Un peu plus récent que le château, il porte la date de 1668. Construit en briques, avec des arêtes de pierre blanches habilement appareillées, il est coiffé d'une jolie toiture à pans coupés qu'achève un gracieux lanternon. C'est un ravissant chef d'oeuvre, bien digne de figurer dans le cadre somptueux de ce logis de rêve. Il se détache très heureusement sur le fond des feuillages proches.

Charles III Maignart de Bernières (1617-1662) fut ce parfait honnête homme, ce magistrat intègre, ce bienfaiteur des pauvres, mais aussi ce fervent janséniste dont un savant historien, Alexandre Téron, a naguère révélé l'activité. Conseiller au parlement de Paris, puis maître des requêtes et conseiller d'Etat, il fut pour Port-Royal un ami dévoué et, de plus, le plus efficace des propagandistes.

Toutes les relations des Bernières étaient alors jansénistes. A Rouen, la paroisse traditionnelle de la famille, sainte Croix saint Ouen de Rouen, avait pour curé un parent de Charles III, le P. Maignart, de l'oratoire, lui même allié et ami du célèbre disciple de Port-Royal, Thomas du Fossé. Parmi les paroissiens figurait avec les siens Blaise Pascal, le futur auteur des provinciales. De son côté Françoise Puchot la veuve de Charles II avait attiré à Rouville, près de Bolbec, petite paroisse dont la cure était à sa présentation un prêtre édifiant certes mais très lié avec Port-Royal, Jean Guillebert, en sorte que Rouville était devenu un autre foyer de jansénisme.

Une des filles de Charles Bernières était entrée comme religieuse dans le célèbre monastère de la vallée de Chevreuse et lui-même avait résigné en 1649 sa charge de magistrat pour pouvoir se livrer entièrement à la dévotion et aux oeuvres de charité. Le peuple le surnommait le procureur des pauvres et Madame de Longueville, dont la conversion était en grande partie son oeuve, le chargea - rôle exorbitant pour un laïque - de visiter les paroisses de ses domaines.

Cette activité janséniste ne pouvait concilier à Charles de Bernières la faveur de la Cour. Le roi saisit un motif politique des plus futiles - et de plus mensonger - pour l'exiler à Issoudun. Il y mourut le 31 Juillet 1662, au moment même où sa famille venait d'obtenir son rappel. Son corps, ramené à Rouen, fut inhumé comme celui de son père aux Capucins.

La Rivière Bourdet passa alors à Etienne Maignart de Bernières (1642-1715), conseiller au Parlement de Paris. Ce fut lui qui, rompant avec les vieilles traditions familiales, aliéna la seigneurie de Bernières en Vexin à la seule condition de pouvoir en conserver le nom. Il obtint, d'autre part, en 1678, l'érection en marquisat de ses terres du Pays de Caux. Ce fut alors que la paroisse de Beuzemouchel, chef-lieu de ce domaine, prit le nom nouveau de Bernières qu'il a conservé.

Cette branche des Bernières s'éteignit avec Charles Etienne (1667-1717) qui mourut sans postérité. La Rivière Bourdet passa à une branche puînée, représentée par Gilles Henri Maignart de Bernières, sieur de Bautot (1683-1734), qui devint au décès de son cousin, marquis de Bernières.

Ce fut alors que le château de Quevillon vit se profiler sur le sable de ses allées l'ombre maigre et nerveuse de Voltaire.

Le poète, déjà connu pour la hardiesse de ses opinions, arriva à la Rivière Bourdet le 16 mai 1723. Le Président de Bernières l'y avait attiré probablement; ce fut la Présidente qui l'y retint.

Le hasard avait voulu qu'à Paris Voltaire fût devenu le locataire du Président de Bernières, possesseur d'un hôtel situé à l'angle de la rue de Baume, sur le quai des Théatins. Tous deux avaient noué des relations d'affaires et le magistrat avait sans doute apprécié le remarquable savoir-faire du jeune écrivain à cet égard. Ils avaient, en effet, créé d'un commun accord ce que Voltaire lui même appelle une "caisse de juifrèrée": sans doute une association ayant pour but de se livrer à des spéculation financières. Vers cette époque, le futur auteur de Candide acquit une fortune considérable, grâce aux célèbres frères Paris, en traitant de fournitures aux armées. Gilles Henri Maignart, moins versé que ses pères dans les controverses sur la grâce et plus sensible qu'eux aux contingences de ce monde, prit sans doute sa part dans cette manne savoureuse. S'il invite un jour son locataire et associé à la Rivière Bourdet, ce fut peut-être pour le remercier du fructueux conseils et pour dénicher aussi de nouvelles combinaisons pleines d'intérêt.

Voltaire semble cependant n'avoir accordé au Président qu'une assez mince sympathie. Il préférait marquer une vive amitié à sa femme. Bien qu'on puisse faire quelques réserves touchant les successives sincérité du coeur de Voltaire, il semble bien qu'il ait conservé un excellent souvenir de son séjour à la Rivière Bourdet.

Marie Madeleine du Moustier avait épousé Gilles Henri de Bernières en 1702. Elle n'était donc plus un tendron à l'époque où elle faisait les honneurs de son château au locataire du Quai des Théatins. Née en 1688, elle avait trente cinq ans, Voltaire trente seulement. Il ne semble pas que leur sympathie réciproque ait jamais pris le visage de l'amour bien que nous ayons du philosophe vingt huit lettres à la Présidente, échelonnées du 7 octobre 1722 au 16 octobre 1726. Fêté par madame de Bernières dans ce petit paradis d'entre bois et fleuve, il profita du calme d'alentour pour écrire la tragédie de Marianne, promise hélas! à de stridents sifflets, et pour mettre la dernière main à la Henriade. Il confia le 3 juin ce dernier ouvrage au libraire rouennais Viret en l'invitant à le publier clandestinement (1). La crainte de la trop accueillante Bastille lui avait suggéré le recours à un prudent anonymat.

Lorsque l'impression du poème fut achevée, Madame de Bernières en emporta dans son propre carrosse, les premiers exemplaires à Paris.

A la Rivière Bourdet, Voltaire avait dû mener une vie assez simple. Suivant la thérapeutique du temps, il s'était mis au régime lacté: "Je m'en retourne ce soir à la Rivière," écrivait-il à son ami Thiriot, "pour partager mes soins entre une ânesse et ma tragédie de Marianne." Et il y ajoutait comme si à certaines heures, la solitude lui pesait: "Dites à Mademoiselle Lecouvreur qu'elle hâte son voyage si elle veut prendre du lait dans la saison et pour que j'y passe le temps avec elle."

Son séjour au château des Bernières demeura cher au poète. Le 20 juillet 1724, il demontrait en ces termes charmants à la Présidente, ce qui s'y passait: "Mandez moi si on a commencé à planter votre bois et creuser vos canaux. Je m'intéresse à la Rivière comme à ma patrie..." Le charme de l'hôtesse continuait, lui aussi, à se faire sentir. Ne lui déclarait-il pas un autre jour: "Il n'y a que vous pour qui j'ai de la confiance et dont je sois sûr d'être véritablement ami."

Cette belle amitié s'estompa cependant assez vite, affaiblie par l'absence ou détournée vers de nouvelles sympathies. Voltaire, d'ailleurs, ne se piquait guère de fidélité. Quant à la Présidente, devenue veuve en 1734, elle se remaria avec un garde du corps nommé Prudhomme et mourut le 2 décembre 1757 à l'âge de soixante neuf ans.

Des Maignart de Bernières, la Rivière Bourdet passa aux Du Mouchel, puis aux Fitz James et, en dernier lieu, aux Montholon qui en gardaient précieusement le chartrier familial échappé à toutes les révolutions et qui était d'une grande richesse. Ce dernier sera sauvé, ayant été versé aux Archives Départementales. Le château, qui a beaucoup souffert de la dernière guerre, a été sauvé de l’abandon par M et Mme RAGU-DEHAYE qui en ont fait une maison de retraite de 1966 à 1995. Depuis , le château est loué en appartements.

Il semble que le bon Hercule Grisel soit debout sur son seuil en appelant:
"Ce logis vous invite...qu'il vienne donc celui qui sera pour lui un ami!"

(1)   Le poème, imprimé à Rouen, fut publié sous son titre primitif: "La ligue ou Henri le Grand
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